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En pleine tendance portraits … et si on refaisait l’histoire ?

Comment décorer un espace avec un portrait ancien ? Les portraits anciens, ces peintures à l’huiles que l’on adore accrocher :
comment bien les choisir et les associer à une déco chic & décalée ?

Les portraits, la nouvelle tendance ! 

Détestant viscéralement selfies et Cie, je me suis interrogée sur la mémoire des visages, comment et pourquoi avant l’invention de l’appareil photo, on se faisait tirer le portait. D’autant que ces visages inconnus, parfois austères, toujours marquants à mes yeux, ornent de plus en plus et avec beaucoup de style, nos décors contemporains.

J’ai décidé de partir à la recherche de portraits d’inconnus, aux traits ou aux poses émouvants, peints à l’huile entre renaissance et XIXe siècle, grâce à la Réunion des Musées Nationaux.

Comme le pointait très justement Billie Blanket, journaliste et blogueuse pour Elle Déco, dans son article sur cette tendance à exhumer les visages mystérieux de nos ancêtres…  « Ils se fondent parfaitement (…) dans tout type de déco et donnent une certaine allure et pas mal de douceur. »

C’est exactement, cette allure et cette douceur que j’ai recherché pour rééditer certaines oeuvres de portraitistes talentueux. Bustes sur fonds noirs ou sombres ont retenu tout mon intérêt, la lumière sur leur visage n’en est que plus saisissante.  En cela la peinture à l’huile a permis de réaliser des portraits lumineux, réalises, vibrants de vie !

Sous l’austérité ou le mystère de certaines poses se cachent des personnalités à deviner, à apprivoiser chez soi, comme un nouveau membre de sa tribu, ou simplement le reflet de nous-même, version vintage …

Obéissant à des règles picturales strictes, à certaines époques de l’Histoire de l’art, le Portrait, était un exercice redouté des peintres commissionnés, lesquels, s’ils déplaisaient à leur client, perdaient leur commission et leur réputation ! Certains portraits reniés par leur commanditaires sont pourtant aujourd’hui des plus reconnus de l’Histoire de l’art.

L’art du portrait semble avoir toujours existé, depuis les formes les plus anciennes d’expression artistique : l’art rupestre en laisse deviner des expressions, puis c’est en Egypte ancienne et dans l’Antiquité que l’on en trouve les premières traces : peintures funéraires, profils ou sculptures, la représentation de la figure humaine a eu plusieurs vocations et pris plusieurs formes avant de s’installer, au début de la Renaissance, et surtout avec Jan Van Eyck maître reconnu et précurseur du portrait à l’huile.

Les époux Arnolfini, par Jan Van Eyck.

Réalisé pour inscrire les figures religieuses, ou de grands donateurs, au Moyen-âge, le portrait devient une pratique courante, voire un exercice incontournable, chez les puissants avec les Portraits Officiels.

Deux siècles plus tard, une figure vient marquer l’histoire du Portrait, vous l’avez tous en tête : celle de Mona Lisa ! La célèbre Joconde n’était pourtant pas une personnalité connue mais la maîtrise dont a fait preuve Léonard de  Vinci pour la peindre, lui confère la postérité. Le sourire mystérieux de Mona Lisa nous rappelle que dans l’art du portrait, les techniques des maîtres et les attentes des commanditaires ont évolués, mais un détail perdure : la bouche reste fermée.

Sautons encore deux siècles, Joséphine de Beauharnais a toujours posé avec cette bouche pincée, de son propre aveu car elle possédait de très vilaines dents !

C’est ainsi que lorsque l’on s’intéresse à l’art du portrait et à sa production foisonnante, on retrouve ces figures aux bouches figées mais pas dénuées d’expression. C’est d’ailleurs l’un des enjeux de cet exercice pour le portraitiste qui cherchera souvent à retranscrire un statut social et des valeurs morales plutôt que les traits précis d’un visage : le portrait n’était pas initialement pensé pour être une représentation fidèle de son sujet – bien qu’avec les techniques acquises et certaines modes, comme le naturalisme flamand, les artistes parvenaient à réaliser des représentation quasi-photographiques de leur modèles. Ces derniers pouvaient d’ailleurs s’en offusquer ne se trouvant pas à leur avantage. Une anecdote m’a beaucoup amusée : un client ayant commissionné le peintre Gilbert Stuart, pour réalisé le portrait de sa femme, s’est offusqué du résultat refusant de payer. Le peintre, notoirement irritable, lui a alors répondu, faisant fi des convenances, et de ruiner sa réputation future : « Vous m’avez confié une patate, vous ne pouviez pas vous attendre à voir une pêche. »

A l’inverse, un portrait réussi peut gagner la reconnaissance à vie d’un client. Ce fut le cas pour Raphaël, commissionné par le comte Balthazar pour peindre son épouse. Ce dernier fut si heureux du résultat qu’il confia à l’artiste « Votre peinture … seule peut alléger mes soucis. Cette image est mon délice. Je dirige mes sourires vers elle, elle est ma joie ».

Cette pratique n’était pas réservée aux riches et puissants de ce monde, de nombreux anonymes ont laissé comme (seule) trace de leur passage dans le monde, ces portraits remarquables. Transmis de génération en génération, certains se trouvent désormais conservé par la RMN, qui m’a ouvert les portes de son fond pour y piocher quelques visages stupéfiants ! Et je lui en serais éternellement reconnaissante.

Narcissiques nos amis des siècles passés ? Pas autant que nous devant nos smartphones, pourtant, c’est tout de même une volonté de s’afficher qui leur faisait pousser la porte de l’atelier du peintre et poser de très longues heures.

Alors, affichons-les joyeusement, faisons leur une place de choix dans nos petits musées intérieurs. Que leur regard doux, leur allure chic et leur expression mystérieuse apporte sa touche de facétie à nos décors ! 

REF.

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